09/20/2026
Dans l’Artibonite, l’UNICEF sensibilise les journalistes à une meilleure protection des enfants dans le traitement de l’information
L’UNICEF a organisé, le vendredi 18 septembre 2026, au Village des Dattes, aux Gonaïves, une journée de formation destinée aux journalistes du département de l’Artibonite autour d’un enjeu majeur : « Raconter sans nuire » et le rôle des médias dans la protection de l’enfant.
Cette formation s’inscrit dans une démarche visant à renforcer les capacités des professionnels de la presse afin qu’ils puissent traiter les questions liées à l’enfance avec davantage de responsabilité, de sensibilité et de respect des droits fondamentaux des enfants.
Réunis autour de plusieurs thématiques liées à la protection de l’enfance et à la pratique journalistique, les participants ont été invités à réfléchir sur leur responsabilité dans la manière de recueillir, traiter et diffuser les informations impliquant des mineurs, particulièrement dans un contexte marqué par l’utilisation croissante des réseaux sociaux.
La formation s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités et acteurs engagés dans la protection de l’enfance dans le département de l’Artibonite. Parmi eux figurait le directeur départemental de l’IBESR dans l’Artibonite, Maître Elou JEAN, qui a profité de cette occasion pour présenter le rôle de l’institution qu’il dirige ainsi que les différents services offerts à la population.
Dans son intervention, le responsable a notamment mis l’accent sur la protection de l’enfant, présentée comme l’une des grandes priorités de l’IBESR et de ses partenaires. Il a rappelé l’importance d’un accompagnement adapté des enfants et de la mobilisation des différents acteurs de la société autour de leur bien-être et de leur sécurité.
À fin de la formation, la cheffe de communication et de plaidoyer de l’UNICEF en Haïti, Salwa Moussa, a accordé une interview à notre rédaction au cours de laquelle elle a insisté sur la nécessité de renforcer la protection des enfants dans la société.
Selon elle, les enfants constituent une catégorie particulièrement vulnérable qui nécessite un accompagnement et un encadrement appropriés tout au long de leur développement.
«Les enfants sont une catégorie qui a besoin de beaucoup d’accompagnement pendant qu’ils grandissent, parce qu’ils sont vulnérables durant cette période. Il est important de les protéger, de les encadrer et d’éviter de leur donner de mauvaises orientations. Parce que s’ils prennent une mauvaise direction aujourd’hui, c’est la société qui risque d’en subir les conséquences dans les années à venir », a déclaré Salwa Moussa, cheffe de communication et de plaidoyer de l’UNICEF en Haïti.»
La responsable de l’UNICEF a également souligné l’importance de la communication dans les mécanismes de protection de l’enfance. Elle a particulièrement attiré l’attention des journalistes et des responsables de médias sur la nécessité de produire des reportages de qualité sans exposer inutilement les enfants ni porter atteinte à leur dignité.
Pour l’UNICEF, le traitement médiatique des questions liées à l’enfance doit s’effectuer avec une attention particulière. La recherche de l’information ne doit pas se faire au détriment de la sécurité, de la dignité ou de la vie privée des enfants.
Dans cette perspective, Salwa Moussa a encouragé les journalistes à faire preuve de prudence lorsqu’ils utilisent des images ou des informations concernant des mineurs, notamment sur les réseaux sociaux. Elle les a notamment invités à éviter toute exposition d’enfants sans le consentement approprié des parents ou responsables légaux.
Au-delà des professionnels des médias, elle a lancé un appel à l’ensemble des acteurs de la société haïtienne ainsi qu’à la communauté internationale afin qu’ils assument leur part de responsabilité dans la protection des enfants et contribuent à leur offrir de meilleures conditions de vie.
Du côté des professionnels de la presse, cette journée de formation a été accueillie avec satisfaction. Les participants estiment que les connaissances acquises pourront les aider à améliorer leurs pratiques journalistiques, particulièrement lorsqu’ils sont appelés à traiter des sujets concernant les enfants.
Pour Beau Jodlin, PDG du journal Tandans7, cette formation constitue une occasion importante de renforcer les compétences des journalistes.
«« Je suis content de participer à cette formation aujourd’hui. C’était un très bon moment pour moi, durant lequel j’ai appris beaucoup de choses qui me seront très utiles et qui viennent renforcer mes capacités en tant que journaliste. Je souhaite que tous les autres confrères mettent en application ce qu’ils ont appris aujourd’hui afin d’être plus efficaces dans leur travail », a-t-il déclaré.»
À travers cette initiative, l’UNICEF entend rappeler que le journaliste n’est pas seulement un relais d’information : il joue également un rôle important dans la sensibilisation de la population et dans la promotion des droits de l’enfant.
Dans un environnement où les informations et les images circulent rapidement, notamment sur les plateformes numériques, la question de la protection des mineurs devient plus que jamais une responsabilité collective.
« Raconter sans nuire » apparaît ainsi comme un principe essentiel pour tout professionnel appelé à couvrir des situations impliquant des enfants : informer le public, oui, mais sans transformer la vulnérabilité d’un enfant en contenu médiatique susceptible de compromettre sa dignité, sa sécurité ou son avenir.
Aux Gonaïves, cette journée de formation aura donc permis aux journalistes de l’Artibonite de renforcer leurs connaissances et, surtout, de prendre davantage conscience de leur rôle dans la construction d’un environnement médiatique plus respectueux des droits et de la dignité de l’enfant.
Rédaction : Gesnerson DERISTIN.
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