02/18/2026
ÉDITO — N’est pas président qui veut
Par Mfumu KAYI
Il y a, au sein de la diaspora, beaucoup de rêveurs qui s’imaginent déjà présidents, hommes d’État, ou choix naturel d’un peuple. Mais devenir président ne relève ni du fantasme, ni du simple désir. C’est une alchimie rare, exigeante, parfois cruelle.
D’abord, il faut du charisme — cette présence qui impose le respect sans un mot.
Ensuite, il faut dégager cette sincérité instinctive, ce quelque chose qui fait dire aux gens : « Cet homme est honnête ».
Enfin, il faut que la vie, le temps, le siècle et le destin s’alignent. Être né sous la bonne étoile ne suffit pas : encore faut‑il qu’elle brille au bon moment.
Beaucoup possèdent l’étincelle. Peu survivent au feu.
Car la politique est un monde de voraces, où règnent la jalousie, l’envie, l’hypocrisie. Un univers où se mêlent ambitions, trahisons, crimes silencieux et luttes invisibles. Un monde spirituel, parfois mystique, où certains s’enfoncent dans des rituels initiatiques pour toucher le pouvoir — ce pouvoir qui, depuis toujours, appartient aux principautés et aux dominations de ce monde.
Beaucoup sont tombés non pas parce qu’ils manquaient de talent, mais parce qu’ils n’avaient pas compris que le pouvoir est une bête féroce.
On ne la caresse pas.
On l’apprivoise.
Et pour l’apprivoiser, il faut être prêt à la guerre.
Être roi demande de la sagesse.
Être président demande bien plus encore : une endurance morale, une lucidité froide, et la capacité de rester debout dans un univers qui cherche constamment à vous faire plier.
Non, n’est pas président qui veut.
N’est président que celui qui survit à tout ce que cela exige.
Signé : Mfumu KAYI
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