14/08/2026
⚠️ Je veux attirer très sérieusement l’attention de la population mahoraise sur le partenariat signé entre l’Université de Mayotte et l’Université de Mahajanga. Coopérer avec Madagascar n’est pas le problème : des générations de Mahorais y ont étudié et cette coopération peut offrir de véritables perspectives à notre jeunesse. Mais une phrase de l’article doit nous interpeller : ce partenariat pourrait offrir une solution à « certains étudiants étrangers ayant étudié à Mayotte et dont les possibilités de poursuivre leur cursus dans l’Hexagone sont limitées par leur situation administrative ». Et c’est précisément là que nous devons poser une question fondamentale : QUI EST MAHORAIS ? J’insiste volontairement sur ce mot : MAHORAIS. Pas « habitant de Mayotte », pas « personne scolarisée à Mayotte », pas « étudiant de Mayotte », pas « personne ayant étudié à Mayotte ». MAHORAIS. Nous nous souvenons des débats autour de la loi Mayotte et de notre opposition à cette tendance consistant à effacer l’identité mahoraise derrière l’expression beaucoup plus large d’« habitant de Mayotte ». Aujourd’hui, nous devons empêcher qu’une nouvelle confusion s’installe. Notre système scolaire accueille de nombreux jeunes étrangers, notamment comoriens. Ils ont naturellement droit à la scolarisation conformément aux lois de la République. Certains poursuivent ensuite leurs études à Mayotte et peuvent rencontrer, en raison de leur situation administrative, des difficultés pour rejoindre l’Hexagone. Mais soyons précis : un étudiant étranger scolarisé à Mayotte est un étudiant étranger scolarisé à Mayotte. Être scolarisé à Mayotte ne transforme pas automatiquement quelqu’un en Mahorais. Ce n’est pas une question de dignité ou de droit à l’éducation, c’est une question de vérité et de politique publique. Si demain cette coopération permet à des étudiants étrangers bloqués administrativement de bénéficier d’une mobilité organisée ou financée vers Madagascar, nous devons savoir exactement QUI bénéficiera du dispositif, QUI paiera, quels seront les critères et quelle place sera réellement réservée aux jeunes français de Mayotte. Parce que demain, lorsqu’on nous annoncera que « 300 étudiants de Mayotte sont partis étudier à Madagascar », nous demanderons : combien sont réellement des jeunes français de Mayotte ? Combien sont étrangers ? Combien ont simplement été scolarisés sur le territoire ? Il ne faudra surtout pas mettre tout le monde dans la même catégorie pour ensuite présenter ces chiffres comme une réussite destinée aux « étudiants mahorais ». MAHORAIS N’EST PAS UN MOT FOURRE-TOUT. Et mon inquiétude va plus loin : il faut évaluer sérieusement le risque d’appel d’air. Mayotte connaît déjà une pression immense sur ses écoles, ses services publics et ses capacités universitaires. Si se met progressivement en place un parcours scolarisation à Mayotte → études supérieures à Mayotte → mobilité accompagnée vers Madagascar, il faudra mesurer les conséquences et empêcher tout détournement du dispositif. Nous ne devons pas attendre plusieurs années pour nous poser la question. Les critères doivent être établis et rendus publics dès le départ. Mayotte ne doit pas devenir une plateforme scolaire et universitaire de transit destinée à résoudre, avec des moyens français ou européens, les difficultés de mobilité administrative de populations étrangères. Pendant ce temps, depuis des années, que dit-on à nos propres enfants ? Tu es français, pars à La Réunion, pars dans l’Hexagone, éloigne-toi de ta famille de 8 000 kilomètres, cherche un logement et débrouille-toi. Maintenant qu’une possibilité régionale existe à quelques centaines de kilomètres, la priorité doit être clairement affirmée : qu’est-ce que cette coopération apporte d’abord à la jeunesse mahoraise ? Il faudra également des contrôles très précis concernant les mobilités entre Mayotte, Madagascar et les Comores afin qu’un programme universitaire ne soit jamais détourné de sa vocation. Sinon, le risque que je dénonce est de voir apparaître progressivement une chaîne : COMORES → SCOLARISATION À MAYOTTE → UNIVERSITÉ DE MAYOTTE → MOBILITÉ VERS MADAGASCAR, financée ou accompagnée au nom de Mayotte. Je parle bien d’un risque à prévenir, pas d’un dispositif dont l’existence serait déjà démontrée. C’est justement maintenant qu’il faut demander des garanties, avant qu’on nous dise demain que tout est déjà installé et qu’il est trop t**d pour revenir dessus. La coopération avec Madagascar : OUI. Les échanges universitaires : OUI. Offrir une véritable alternative régionale à nos jeunes Mahorais : OUI. Mais utiliser demain le mot « Mahorais » pour englober indistinctement toute personne ayant été scolarisée à Mayotte : NON. Nous demandons donc la transparence sur la convention, les critères de sélection, les nationalités et statuts administratifs des bénéficiaires dans les statistiques publiques, les financements mobilisés et surtout la part du programme qui bénéficiera réellement aux jeunes français de Mayotte. Après avoir voulu remplacer le Mahorais par « l’habitant de Mayotte », ne venez pas demain ressortir le mot MAHORAIS uniquement pour présenter comme destinée à notre jeunesse une politique dont les bénéficiaires seraient beaucoup plus larges. QUI SERA CONSIDÉRÉ COMME ÉTUDIANT MAHORAIS ? QUI PARTIRA À MADAGASCAR AU NOM DE MAYOTTE ? Nous voulons les réponses maintenant. Parce que MAHORAIS a un sens, une histoire et une identité.