25/08/2026
Cameroon has lost one of its great voices of memory and historical storytelling. According to several Cameroonian media outlets, Ananie Rabier Bindji passed away on Monday, August 24, 2026, in Bonaberi, Douala, following a long illness. His passing marks the loss of a unique figure in Cameroonian journalism and a privileged witness to decades of history in both the country and the African continent.
Born in Douala in the early 1940s, Ananie Rabier Bindji grew up in a modest environment, specifically in the area around the Central Market and the Goat Market. It was a challenging childhood, yet it did not prevent him from rising through the ranks. After attending Collège Libermann, he entered a military school in Brazzaville in 1956. However, his path ultimately took a different turn—towards journalism and the sharing of knowledge.
Trained in journalism in France, he cut his teeth in print media, contributing notably to *Jeune Afrique* and *Africa International*. For decades, his writing chronicled African current affairs. He later moved into broadcasting in Cameroon, gradually establishing himself as a leading figure in the national media landscape.
However, it was primarily through *La Tribune de l’Histoire*—broadcast on Canal 2 International—that Ananie Rabier Bindji left his most enduring mark. On screen, he did not merely recount history; he brought it back to life.
His programs brought together former political leaders, key figures from the decolonization era, witnesses to independence, and personalities who shaped Cameroon’s trajectory. His goal was to give a voice to those who had witnessed these events and to bring to light aspects of national history that were sometimes little-known or controversial.
Doté d’une mémoire exceptionnelle et d’une connaissance profonde de l’histoire politique du Cameroun et de l’Afrique, Bindji était devenu au fil des années une véritable archive vivante. Ses interventions, son ton, ses souvenirs et sa capacité à replacer les événements dans leur contexte en avaient fait une figure incontournable du journalisme historique au Cameroun.
Son parcours n’a toutefois pas été exempt de turbulences. En 2008, son implication dans une émission consacrée à l’Opération Épervier lui vaut une convocation à la police judiciaire de Douala. Il fera partie des journalistes poursuivis dans le cadre d’un débat portant notamment sur des enquêtes visant un ancien dirigeant de Camair. Une période qui illustre aussi les difficultés rencontrées par la presse camerounaise dans l’exercice de sa liberté d’expression.
Au fil des années, il continuera pourtant à prendre la parole sur les grandes questions qui traversent le pays et le continent, de l’histoire politique camerounaise à la crise anglophone, en passant par la place des militaires dans la gouvernance des États africains.
Ce lundi 24 août 2026, la voix s’est tue. Mais les récits demeurent. Les témoignages recueillis, les archives exhumées et les nombreuses heures d’antenne de La Tribune de l’Histoire continueront de porter la trace d’un homme qui aura consacré une grande partie de sa vie à interroger le passé pour mieux comprendre le présent.
Ananie Rabier Bindji s’en va, mais le gardien de la mémoire laisse derrière lui une œuvre qui continuera de raconter le Cameroun et l’Afrique aux générations futures.
W.G